Rejet de l’ECO par 6 pays de l’Afrique de l’Ouest:Ouattara suspecté de vouloir tuer la Cedeao

Rien ne va au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). La monnaie unique divise. Les pays non membres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest avec à leur tête le Nigeria, désapprouvent la façon dont Alassane Ouattara a annoncé le changement du franc CFA en Eco.

Les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales de cinq pays anglophones d’Afrique de l’Ouest et la Guinée réunis à Abuja, jeudi dernier, ont rejeté la nouvelle monnaie commune de l’espace Cedeao prônée par le Président ivoirien, Alassane Ouattara le 21 décembre dernier. Il s’agit des ministres des Finances du Nigeria, de la Guinée, de la Sierra-Leone, du Ghana, du Liberia et de la Gambie. A l’issue d’une concertation, ils ont accusé le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire d’avoir unilatéralement pris la décision de création de l’Eco sans consulter les autres pays membres de la Cedeao. Les ministres ont indiqué que l’action du Président Ouattara n’est pas en droite ligne avec les décisions des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao qui ont adopté « Eco », le nom de la nouvelle monnaie indépendante commune de la Cedeao.

A la veille, le mercredi, c’est le Président du Nigeria, Muhammadu Buhari, qui est monté au créneau pour évoquer un risque de dislocation de la Cedeao, en cas d’arrivée de la monnaie Eco en remplacement du franc CFA par la zone Uemoa. C’est pourquoi les ministres ont appelé à une réunion urgente des chefs d’Etats et de gouvernement de la Cedeao pour discuter de la monnaie unique régionale.

Comment est-on arrivé à cette crise relativement à l’Eco ?

Une affaire vieille de 37 ans

C’est en 1983 que les dirigeants de la Communauté ouest-africaine lancent des initiatives dans le but de créer une zone monétaire unique en Afrique de l’ouest. Ils manifestaient ainsi une ferme volonté de solutionner les problèmes de paiement qui se posent aux populations de l’espace Cedeao et qui résultent de la diversité des zones monétaires. Après des années d’immobilisme, c’est finalement en 1999, à Lomé, au Togo, lors du 22ème sommet de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, qu’une stratégie dite «approche accélérée de l’intégration», est élaborée. Elle vise la construction rapide d’une zone monétaire unique en Afrique de l’Ouest sur une base plus large et en remplacement de l’actuelle Uemoa. A pas de tortue, la marche a continué. Le processus va s’accélérer le 27 octobre 2013, lorsque réunis en sommet extraordinaire, à Dakar, les chefs d’Etat et de gouvernement, ont une fois encore, traduit leur volonté sans équivoque de doter l’Afrique de l’ouest d’une monnaie commune en 2020.

Finalement, le 29 juin 2019, les dirigeants de la Cedeao adoptent définitivement le nom Eco pour leur projet de monnaie commune.

La pomme de discorde

Le 21 décembre 2019, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara annonçaient des réformes  relatives à l’accord de coopération monétaire qui liait les pays de l’Uemoa et la France. Le mercredi 20, la France a entériné officiellement, la fin du franc CFA, qui devrait dorénavant s’appeler l’éco. Une information qui suscite la colère des pays non membres de l’Uemoa. Car, si l’Eco annoncé sera une monnaie fixe garantie par la France contrairement à l’Eco de la Cedeao qui devrait être une monnaie flottante. Pour le Nigeria et les autres pays anglophones, la décision de la France et de l’Uemoa constitue un manque de respect à leur égard.

Ce n’est dons pas pour rien que les ministres des six pays réunis à Abuja demandent une réunion urgente des chefs d’Etat et de gouvernement sur la monnaie unique.

Ahua K.

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