Probable 3ème mandat d’Alassane Ouattara: La société civile dénonce une violation du droit et d’éthique

Le président de la République ne l’a pas encore annoncé, mais tout est fait dans ce sens. La société civile, par la voix de Pulchérie Edith Gbalet, présidente Alternative citoyenne ivoirienne (Aci), dénonce une violation du droit et un problème d’ordre éthique dans le projet d’Alassane Ouattara de briguer un 3ème mandat.

Ce mardi 28 juillet, elle a lancé depuis son siège à Cocody, un appel à la mobilisation de tous les Ivoiriens : « nous lançons un appel au peuple ivoirien pour participer massivement au sit-in du 14 août 2020 à la place de la République, afin de réclamer les conditions pour des élections apaisées ».

Pour Pulchérie Gbalet, « les juristes et les constitutionalistes, tel que le Professeur Martin Bléou, ont largement développé la question sous l’angle juridique et les conclusions sont claires et évidentes quant à la limitation des mandats à deux mandats consécutifs. Nous en tant que société civile, nous appréhendons cette question sous l’angle moral. Le Président de la République lui-même, dans plusieurs de ses sorties a rassuré les Ivoiriens qu’il ne pourrait avoir un 3ème mandat. Et nous pensons que le Président doit respecter cette parole », a-t-elle exhorté.

Outre le droit, selon elle, « il y a un problème d’ordre éthique.  Comment après cela, le chef de l’Etat peut-il permettre aux cadres du Rhdp et instrumentaliser certains chefs traditionnels pour réclamer qu’il fasse un 3ème mandat ? C’est franchement honteux d’assister à ce ballet de fils indignes et irresponsables du pays qui osent cautionner publiquement la violation de la constitution. Le Rhdp nous a habitués aux violations constitutionnelles donc à l’incivisme et aux passages en force, mais cette énième violation pourrait faire le lit d’une crise préélectorale ».

Pour la présidente de ACI, c’est le lieu « d’interpeller les rois et chefs traditionnels sur leur démission. Ils ont failli en ne s’impliquant pas dans la réconciliation qui n’est pas effective dans ce pays, mais pire, contrairement à l’éthique et au texte qui les régit, ils ont pris parti dans un débat politique ».

Eu égard à tout ceci ACI demande aux autorités ivoiriennes au plus tard le 6 août 2020 : « une ordonnance pour reprogrammer la révision de la liste électorale qui a exclu des millions d’Ivoiriens ; une grâce présidentielle pour tous les leaders politiques qui ont été condamnés par contumace, les prisonniers politiques et militaires, et les exilés politiques ; de déformer la CEI avant toute élection, prendre une ordonnance pour dissoudre le conseil constitutionnel et « élire » de nouveaux membres ».

Aussi, ACI condamne avec fermeté l’éventualité d’un 3ème mandat du chef de l’Etat. Par ailleurs, la société civile dénonce une injustice dans la gestion de la Covid-19. « Force est de constater que les militants du Rhdp ne sont pas concernés par ces mesures, car tant dans la distribution des appuis liés à la Covid-19 que dans les manifestations pour demander un 3ème mandat. Ces mesures ont été violées.

De quel droit pensent-ils être au-dessus de la loi et des mesures qui s’imposent à tous ? Comment peuvent-ils contribuer à propager la Covid-19 avec la caution du gouvernement ? », peste Pulchérie Edith Gbalet.

Noël Zako

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password