Ouattara va-t-il laisser mourir un présumé innocent ? Guillaume Soro réagit

Voici six jours que le député Alain Lobognon a cessé de s’alimenter dans sa cellule de la prison d’Agboville. L’élu de Fresco, en détention préventive après avoir été inculpé pour « publication de fausses nouvelles, de trouble à l’ordre public et d’atteinte à l’autorité de l’État », a entamé cette grève de la faim pour exiger sa libération et celle des autres détenus d’opinion.  Rappelons qu’une vingtaine de cadres de Générations et Peuples Solidaires (GPS), mouvement présidé par Guillaume Soro, sont en prison pour les mêmes chefs d’accusation. Incarcérés sans jugement depuis sept mois, ils sont présumés innocents. Plusieurs juridictions et organisations internationales (CADHP, UIP, Amnesty international…) ont demandé leur libération non seulement au nom de cette présomption d’innocence, mais aussi pour préserver leur santé en cette période de pandémie de coronavirus. D’ailleurs, la covid-19 a déjà atteint plusieurs détenus dont Simon Soro président de l’ONG La Vie et frère cadet de Guillaume Soro contaminé dans sa cellule de la prison d’Abengourou avant d’être évacué à Abidjan pour des soins médicaux. Son sort a donc démontré à quel point ces prisonniers sont en danger. Et il faut craindre le pire pour Alain Lobognon qui ne s’alimente plus depuis bientôt une semaine. « Alain est hypertendu. Il a également une pathologie cardiaque, et il a subi il y a un an une opération chirurgicale importante des évaginations intestinales, et devait être suivi par son médecin suite à cette opération. Lorsque j’ai informé la communauté internationale de son état de santé et que le docteur de la famille l’a vu, il a fait un prélèvement sanguin et il a confirmé des infections et une anémie sévère… », a révélé ce lundi 6 juillet son épouse interrogée par Radio France International (RFI). Son conjoint, poursuit-elle, est soumis à des conditions de détention plus restrictives. En plus, il est privé de contact avec son médecin sur instruction des autorités. « Avant, je pouvais voir Alain quand je le désirais. Alain ne sort de sa cellule que quand je viens tous les quinze jours. Imaginez un individu isolé complètement quinze jours sans lumière, sans parler à quelqu’un. Vous voyez Alain Lobognon aujourd’hui, vous ne le reconnaîtrez pas », a témoigné en larmes Amira Lobognon.  

Les autorités vont-elles demeurer dans l’indifférence face à cette situation. Ont-elles décidé de laisser Alain Lobognon mourir de cette grève de la faim ? Les groupes parlementaires, les chancelleries, les organisations des droits de l’Homme et toute la classe politique sont interpellés.

Pour sa part, le président de GPS n’a pas tardé à réagir après l’intervention émouvante de madame Lobognon.  

« (Je suis) Ému par cette supplication de l’épouse de mon compagnon de route. L’on peut être adversaire politique sans perdre l’humanisme. Une grève de la faim laisse toujours des séquelles. Et c’est un ancien gréviste qui vous parle », a écrit sur tweeter Guillaume Soro.

Franck Traoré    

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