Gestion de l’État sous Ouattara: Yodé et Siro piquent là où ça fait mal

Fidèles à leur style, leur franc parler, leur engagement social, le duo Yodé et Siro défraie la chronique au lendemain de la sortie de leur nouvel album. Sur cet opus de 13 titres, « Héritage », figure un morceau « On dit quoi? « . Une lettre ouverte au président de la République, une chanson très engagée, déjà épousée par les mélomanes, qui cependant fâche au sein du pouvoir Rhdp surtout.

Pas étonnant. En 4,20 minutes, les poussins devenus aujourd’hui coqs, résument avec une maestria linguistique à la saveur locale, la situation sociopolitique ivoirienne de la dernière décennie. Pauvreté, réconciliation, prisonniers politiques, rattrapage ethnique, débauchage politique, achat de conscience, éducation, dette intérieur, chômage… les garçons de Gbatanikro ont dépeint la réalité sans langue de bois.

Et les paroles sont lourdes de sens : « le pays devient joli, il y a goudron partout, il y a lumière partout, il y a même lumière dans goudron. Merci au PPTE  »soutrali » des pays pauvres ! Mais, Président, ton peuple a faim…», « faisons attention à un peuple qui ne parle plus. Quand ça va chauffer, y a plus clôture pour sauter… Maman Bulldozer a tout cassé…», « L’école est malade, mais ça ne vous dit rien. J’ai oublié, vos enfants fréquentent ailleurs. Le kérosène coûte cher, mais ça voyage seulement…»,

« Le pays est endetté. Payez vos crédits avant de partir…», «…Plus de soixante ethnies dans notre pays, aujourd’hui, du rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage, du gardien jusqu’au directeur, si ce ne sont pas les Bakayoko ou bien les Coulibaly qui mangent. Quand un peu reste, on donne aux Konan. Mais aujourd’hui Konan est fâché, on achète les enfants de Konan… », « Les gens sont emprisonnés, et tu dis y a personne en prison. Ce que tu n’as pas voulu hier, tu ne le fais pas aujourd’hui. Parce que les même causes produisent les mêmes effets»,

« On ne se réconcilie pas en mettant les gens en prison. Le pays a besoin de tous ses enfants pour la réconciliation vraie ». Comme ce fut le cas sous Bedié, Gbagbo, le pouvoir Rhdp qui s’attendait à être caressé dans le sens du poil par le groupe zouglou, crie au scandale et à la délation sur les réseaux sociaux.

A 4 mois de l’élection présidentielle, si élections il y a, ce titre donne très certainement un aperçu des thèmes au cœur de la campagne et surtout contre le pouvoir. Et c’est ce qui révulse au plus haut point.
NZ

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