Fousséni Tamadou, président de l’UDS-France : « Nos partisans sont empêchés de se faire enrôler »

Des écueils sont déplorés dans l’opération d’inscription sur la liste électorale, pour l’élection présidentielle d’octobre 2020. Foussséni Tamadou, président de l’UDS-GPS, donc partisan de Guillaume Kigbafori Soro, relève dans cette interview exclusive, les fortunes dont sont victimes des Ivoiriens dans l’accomplissement de ce devoir citoyen.

L’actualité politique est marquée par la révision de la liste électorale. Comment est-ce que, vous, partisan de Guillaume Kigbafori Soro, président de GPS, avez-vous préparé cette étape du processus électoral en France ?

Il faut dire que c’est dans des conditions différentes et difficiles que les Soroistes accomplissent ce devoir citoyen. D’abord, nous mettons en doute comme tous les autres partis de l’opposition l’indépendance de cette CEI (Commission électorale indépendante, ndlr) car de par sa composition, il n’y a pas de clarté dans sa composition depuis tant à Abidjan qu’ici en Europe. Il y a eu des rencontres avec certains partis politiques dits signataires d’accords. Je n’ai pas compris cela. Est-ce que pour un parti politique qui n’a pas été en accord avec un pouvoir politique, nous, à l’UDS GPS devrions sans réfléchir donner notre caution à la CEI ou déclarer notre défaite avant même la compétition ? Nos partisans sont bloqués et empêchés de se faire enrôler dans les centres à Paris et ailleurs. J’ai eu moi-même à entrer en contact avec le président de la CEI, Monsieur Bouaké Karamoko, le premier jour de l’enrôlement, le jeudi 13 juin 2020, au centre d’Aubervilliers à la salle Sadi Carnot où j’ai été empêché en tant que responsable de l’UDS France. J’étais accompagné du premier responsable de MDI France, de mes deux secrétaires générales Madame Berthe Sekongo Berthe et de Daouda Koné. Nous devons notre salut à Dieu. Certains de nos militants ont eu la chance de remplir ce devoir, en se glissant entre les derniers militants du Rhdp qui ne s’étaient pas fait enrôler dans les cafés de St-Denis et dans les domiciles de certains militants qui se promenaient avec les tablettes de la CEI. Nous avons quand-même réussi à faire enrôler des militants.

Malgré son exil forcé et l’emprisonnement de certains cadres de GPS, Guillaume Soro maintient toujours sa candidature à 4 mois de l’élection présidentielle. Selon vous, est-ce toujours possible ?

Vous savez qu’on n’a l’habitude de dire que c’est celui qui a du lait qui peut fabriquer du fromage. Lorsque le Président du GPS a dit qu’il est candidat, ce n’est pas par hasard. Il a occupé tous les grands postes dans le pays. De conseiller à la jeunesse du président Robert Guei en 1999, ministre de la Communication août 2004 à décembre 2005, ministre d’Etat, de la reconstruction et de la réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny, deux fois nommé premier ministre le 26 mars 2007 et le 4 décembre 2010 à 2012, président de l’Assemblée nationale de 2012 jusqu’à sa démission le 8 février 2019. Un palmarès colossal … Je pense que malgré l’emprisonnement des proches, il est temps pour lui d’aller chercher le fauteuil présidentiel.

Comment est-ce que vous avez vécu le retour manqué de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire ?

Ce retour manqué a été vécu comme un recul de la démocratie, une atteinte à la liberté d’expression et de circulation pourtant inscrite dans la Constitution de 2016. Je l’ai vécu comme un enfer.  En ma qualité de premier responsable de l’UDS France, j’ai été à l’aéroport de Paris Bourget pour dire un au revoir et souhaiter bonne chance au président Guillaume Soro et aussi à ma marraine la ministre Affoussiata Bamba Lamine. A l’UDS, nous avons été triplement peinés par l’arrestation le 23 décembre 2019 de notre président, le Professeur Marc Kidou Ouattara et les autres. Je demande au Président Alassane Dramane Ouattara d’avoir cette grande sagesse de libérer les prisonniers politiques. J’ai mon frère et ami, l’ambassadeur plénipotentiaire, Son excellence Soul To Soul, qui qui paye le plus gros tribut. Souvenez-vous qu’en 1999, il avait été emprisonné par la junte militaire rien que pour sa prise de position pour Alassane Dramane Ouattara. Je comprends son jeu politique mais derrière ce sont des pères de familles qui souffrent, inutilement.  

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que Guillaume Soro ne devrait pas quitter le Rhdp malgré les frustrations subies ?

Nous, à l’UDS, notre slogan, c’est la liberté de penser et d’expression. Ceux qui pensent le contraire oublient la ligne de conduite de chacun et aussi la d’anthologie politique des autres personnes dont je fais partie. Le Rhdp ne nous fait pas avancer.

Quel commentaire faites-vous de l’annonce d’Henri Konan Bédié de se porter candidat du Pdci-Rda pour l’élection présidentielle ?

Je n’ai pas grand commentaire à faire dans le sens où les règles de son parti et la Constitution de 2016 le lui permettent. Il y a un proverbe qui dit : « Dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable de ce que l’on est ». Lorsque vous écoutez le président HKB, je pense que cela démontre que l’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.  

Réalisée par Koné Abel

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