Détention de Lobognon, rejet de la candidature de Soro : l’UIP prend une décision

L’Union interparlementaire (UIP) demande aux autorités ivoiriennes de « libérer immédiatement » le député de Fresco « au cas où elles ne seraient pas en mesure de fournir des preuves matérielles de sa culpabilité en ce qui concerne les faits qui lui sont reprochés ». Dans sa décision adoptée à l’unanimité de ses membres au cours sa 206e session le 3 novembre 2020, le Conseil directeur de l’UIP « déplore le maintien en détention de M. Alain Lobognon en l’absence de toute preuve matérielle, d’autant plus que cette détention se poursuit pendant la période de la pandémie de COVID-19 et que son état de santé est fragile ».

Par ailleurs, l’union des parlements du monde désapprouve le retrait de la liste électorale et le rejet, par le Conseil constitutionnel, de la candidature du président de Générations et peuples solidaires (GPS) à l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire. Le Conseil directeur « regrette que, compte tenu des violations avérées de ses droits fondamentaux, également constatées par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples dans deux décisions distinctes, M. Soro ait été privé d’exercer ses droits civils et politiques ». Par conséquent, l’UIP « invite une nouvelle fois les autorités à fournir une copie de la décision du tribunal de première instance afin de comprendre le fondement de la sentence prononcée contre M. Soro ».

En outre, l’Union interparlementaire « prend note » de la mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire des députés Loukimane Camara, Soro Kanigui, Yao Soumaïla et Kando Soumahoro. Mais elle « considère néanmoins que les conditions restrictives attachées à leur mise en liberté ne se justifient nullement. L’UIP « estime plutôt que ces conditions renforcent les allégations des plaignants selon lesquelles les procédures menées contre ces députés sont politiquement motivées et s’inscrivent dans la continuité du harcèlement politico-judiciaire dont ils sont victimes depuis 2019, et souligne que ces députés sont restés incarcérés pendant neuf mois sans aucune perspective judiciaire sur la tenue d’un procès juste et équitable ».

Le Conseil directeur dit également « être préoccupé par les mesures arbitraires dont les conseils juridiques de M. Guillaume Soro et des autres députés feraient l’objet actuellement ». Il « rappelle que le droit à la défense est un droit fondamental reconnu pour tout individu et qu’il ne peut se concrétiser qu’avec l’exercice effectif et sans entrave de leurs fonctions par ses conseils juridiques ».

Franck Traoré

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