Anne-Marie Bonifon, coordonnatrice GPS-Côte d’Ivoire : « Nous allons prendre le fauteuil présidentiel …»

A la faveur d’une visite de courtoisie à la Rédaction de Générations Nouvelles, la coordonnatrice de Générations et peuples solidaires (GPS) de Côte d’Ivoire s’est prêtée aux questions de nos journalistes.

Dans votre dernière interview accordée à Générations Nouvelles vous assurez que le président de GPS, en exil, en Europe, va revenir. Les militants et sympathisants veulent certainement savoir ce qui fonde votre optimisme et assurance ?

Guillaume Soro est un Ivoirien. Son pays, c’est la Côte d’Ivoire. Il va rentrer, pour reprendre ses activités politiques avec les Ivoiriens.

Il vient par jet ou par Air France… ?

Ça, c’est confidentiel. Vous devez savoir que l’anniversaire de Générations et peuples solidaires c’est le 26 juillet. Comme je l’ai dit, Guillaume Soro est Ivoirien, son pays c’est la Côte d’Ivoire. Il est un patriote, il aime la Côte d’Ivoire, il aime les Ivoiriens.

N’a-t-il pas peur qu’on l’arrête à son retour ?

Je l’ai déjà dit sur une radio. Qu’on le laisse rentrer et on verra si on va l’arrêter devant ses parents ivoiriens.

« Lobognon fait une grève de la faim pour montrer aux yeux du monde l’injustice »

Il y a quelques défections quand-même dans vos rangs, certains vont au Rhdp ; ces départs ne vous ébranlent-ils pas ?

Celui qui veut partir, qu’il parte. Le Président Guillaume Kigbafori Soro a déjà dit que la lutte sera difficile. Et que même s’il reste dix personnes, il continuera avec eux. Donc tous ceux qui veulent partir qu’ils partent. Mais ils sauront que Guillaume Kigbafori Soro est un homme de principe. Il aime la Côte d’Ivoire, il aime ses parents. Certes, dans les années passées, comme on le dit, il a été le père de la rébellion en Côte d’Ivoire mais il a fait la rébellion par conviction. Il avait un objectif à atteindre. Maintenant il s’est assis, il a observé et il voit toujours la souffrance des Ivoiriens. C’est pour cela qu’il s’est désolidarisé du RDR. Il est parti à l’écoute du peuple silencieux. Il a beaucoup écouté, il a beaucoup observé et il a mis en place Générations et peuples solidaires, pour pouvoir réunir tous les Ivoiriens pour la réconciliation nationale. Au vu de tout cela, celui qui est vraiment Ivoirien, et qui aime ses parents Ivoiriens, il doit adhérer au GPS. Parce que GPS, c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire.

« Celui qui est vraiment Ivoirien, et qui aime ses parents Ivoiriens, il doit adhérer au GPS. »

Vous insistez beaucoup sur la qualité d’Ivoirien. En son temps ce discours a attiré à certains leaders politiques des qualificatifs… Ne craignez-vous pas de subir le même sort ?

Etre Ivoirien, ce n’est pas être né de père et mère Ivoiriens…. Quand tu n’es pas Ivoirien et que tu demandes la nationalité ivoirienne, on te l’accorde : Tu deviens Ivoiriens. Quand j’insiste sur le mot Ivoirien, c’est pour dire que celui qui est Ivoirien, dois aimer ton pays. Tu dois aimer ton peuple. Si tu te dis Ivoirien et que tu n’aimes pas ton peuple, c’est que tu n’es pas Ivoirien. C’est cela le sens du terme d’Ivoirien que j’emploie. Je ne suis pas xénophobe.

Et quand on dit que le Président Guillaume Kigbafori Soro est Ivoirien, c’est parce qu’il va toujours à l’écoute de ses compatriotes. Il connait les Ivoiriens, il sait comment ils vivent. Quand nous étions à Katiola (mars-avril 2019 ndlr), le Président Guillaume Kigbafori Soro a bu de l’eau de puits, il a dormi à même le sol ; parce que les Ivoiriens continuent de boire l’eau de puits, l’eau des rivières et ils continuent de dormir à terre. Il se met dans la peau des Ivoiriens pour savoir comment ils vivent.

 Il y en a qui disent qu’il est opportuniste ?

Quand on voit le parcours du Président Guillaume Kigbafori Soro, on voit bien qu’il n’a pas besoin de faire tout. Il n’a pas besoin d’être président pour bien vivre. Je prends toujours le cas de la tournée de Katiola. Un jour il m’a dit : ‘‘Madame Bonifon, pourquoi je fais ça ? Les moustiques m’ont piqué…’’ Mais le lendemain, il a été le premier à prendre la route pour un autre village. Et là, il rencontre les vrais problèmes des Ivoiriens. On dit partout que la Côte d’Ivoire va bien mais quand on va à la rencontre des Ivoiriens, on sent qu’ils ne sont pas épanouis. C’est ce qui l’a conduit à fonder Générations et peuples solidaires (GPS) pour que les Ivoiriens soient ensemble.

Et c’est le fait d’avoir demandé aux Ivoiriens la réconciliation nationale qui l’a conduit en exil. Parce qu’il veut que les Ivoiriens se pardonnent. Il reconnait avoir fait des erreurs, il demande pardon et invite les Ivoiriens à bâtir une nouvelle Côte d’Ivoire.

Certains de vos partisans sont en prison. Au-delà des discours et des déclarations, comptez-vous approcher le gouvernement pour discuter de leur situation ; surtout celle d’Alain Lobognon qui a entamé une grève de la faim le 1er juillet ?

Bientôt nous allons demander à rencontrer le gouvernement. Souvenez-vous, en 2020 quand le fils d’Henriette Dagri Diabaté a été emprisonné, elle a observé une grève de la faim devant la Cathédrale Saint-Paul duPlateau. C’est ce qui a amené la libération de son fils à l’époque.

Dans le cas d’Alain Lobognon, c’est nous qui sommes en vie qui devrions faire cette grève pour obtenir sa libération. Donc lui-même il se met en grève de la faim pour montrer aux yeux du monde l’injustice dont il est victime avec tous les autres cadres de GPS.

« En 2020 quand le fils d’Henriette Dagri Diabaté a été emprisonné, elle a observé une grève de la faim devant la Cathédrale Saint-Paul duPlateau »

Avez-vous le sentiment d’avoir été abandonnés par la communauté internationale ?

Nous avons parlé au représentant de l’Union européenne qui a bien voulu nous recevoir. Ce qui s’est passé en 2010, c’est la même chose qui se passe maintenant. Mais à cette époque, toute la communauté internationale était sur le dos du pouvoir. J’ai dit à l’ambassadeur que nous souhaitons qu’ils agissent comme ils l’ont fait en 2010 : N’attendez pas que la Côte d’Ivoire brûle avant de venir en pompiers. Vous êtes en Côte d’Ivoire, vous vivez les réalités de la Côte d’Ivoire. Vous savez que la Côte d’Ivoire est assise sur des braises. N’attendez pas qu’elle brûle d’abord avant de venir.

Il nous a dit qu’il avait rencontré le Pdci, le FPI… Je lui demandé lequel des FPI ou du Pdci il avait rencontré ? Parce qu’il y avait deux FPI et deux Pdci. Mais nous à GPS, nous sommes un. Je lui ai dit : La Côte d’Ivoire va mal. Donc prenez les devants pour que nous ne revivons pas le scénario de 2010. La Délégation GPS-Côte d’Ivoire est constituée que de femmes. Nous avons vu ce qui s’est passé en 2010. Ils ont dit avoir pris bonne note. Nous pensons qu’ils sont en train d’appliquer ce que nous leur avons dit.

Qu’est-ce qui est prévu pour accompagner l’initiative d’Alain Lobognon ?

Bientôt vous le saurez.

Il y a peu d’adhésions de nouveaux majeurs au fichier électoral, alors que GPS se veut proche des jeunes. N’y a-t-il pas eu un échec au niveau de la mobilisation ?

Il n’y a pas d’échec. Dans toutes les 31 régions, les responsables GPS sont au travail pour l’enrôlement des nouveaux majeurs.

Et vous êtes satisfaites ?

Pas trop ! Parce que lorsque je prends l’exemple de ma région (Région de la Mé, Ndlr), j’ai dit aux jeunes qu’en 2009 quand le Président Guillaume Kigbafori Soro établissait les cartes nationales d’identité, il n’y avait pas d’Ivoiriens FPI ou RDR. Ces cartes d’identité étaient pour tous les Ivoiriens. Si une personne arrive dans votre village ou département pour dire qu’il veut aider les militants Rhdp à faire leurs pièces, alors nous devenons tous Rhdp. Une fois que vous avez vos papiers pour l’inscription sur la liste électorale alors on redevient un militant GPS.  C’est ce qui s’est passé chez moi à Akoupé, Adzopé, Yakassé-Attobrou… La plupart des nouveaux majeurs de ma région ont été inscrits sur la liste électorale. Et c’est ce que j’ai demandé aux autres coordinateurs.

Vous, la partisante de Guillaume Soro, comment les gens, populations locales, vous voient-elles quand vous allez chez vous ?

Ils sont heureux.

Ils ne disent pas que vous suivez un rebelle ?

Je vais vous faire une confidence. Moi, j’ai été RDR. C’est moi, Anne-Marie Bonifon, qui ai installé le RDR à Akoupé. Dans le temps, je sentais une injustice en vers le président Alassane Ouattara. A cette époque tous mes parents se sont éloignés de moi. Mais aujourd’hui, ceux qui me traitaient de – permettez-moi de ne pas dire les mots – ils sont tous devenus Rhdp. Donc les femmes et jeunes qui me comprennent sont pour le combat que je mène. Ils savent qu’avec Guillaume Kigbafori Soro la région de la Mé sera développée. Actuellement, ils me réclament. Ils souhaitent que je reste là-bas pour leur parler de Guillaume Soro.

Comme d’autres acteurs politiques, vous insistez sur l’audit de la liste électorale ; ne craignez-vous pas que cet audit impacte le calendrier électoral ?

A Générations et peuples solidaires (GPS), nous nous basons sur les adhésions à GPS. C’est ce que le Président Guillaume Kigbafori Soro nous a demandé ; c’est-à-dire faire adhérer à GPS les Ivoiriens qui veulent la paix et aller à la réconciliation. Il nous a demandé d’atteindre 400.000 adhésions d’ici le 26 juillet 2020. Ceux qui sont déjà inscrits sur la liste électorale sont nombreux que les nouveaux majeurs. Si nous arrivons à conquérir tous les anciens électeurs, je pense que c’est toute la Côte d’Ivoire qui adhère à GPS. D’ailleurs, les nouveaux majeurs dont on parle sont à l’écoute de Guillaume Kigbafori Soro. Tous les nouveaux majeurs de ma région sont des militants GPS. Et je pense qu’il en est de même dans les autres régions.

« Il nous a demandé d’atteindre 400.000 adhésions d’ici le 26 juillet 2020. »

Vous ne reconnaissez pas la Commission électorale indépendante cependant vous appelez vos militants à s’enrôler sur la liste électorale ; N’êtes-vous pas en train de préparer les esprits à un refus des résultats provisoire à proclamer par cette institution ?

Il faut qu’on vote d’abord avant de proclamer les résultats. Actuellement, nous ne parlons pas de CEI. Ce sont les adhésions à GPS qui nous intéressent. Faites adhérer les Ivoiriens à GPS, puis la suite va suivre. Nous n’allons pas prendre les armes mais nous allons prendre le fauteuil présidentiel avec Guillaume Kigbafori Soro. 

Réalisée par la rédaction

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