Amon-Tanoh : une candidature qui parle à Ouattara

L’ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh a déclaré ce mercredi 20 juillet 2020 à Abidjan, sa candidature à la prochaine l’élection présidentielle. Une annonce qui intervient dans un contexte où Alassane Ouattara est tenté de  briguer un troisième mandat.

C’est désormais officiel. Marcel Amon-Tanoh est candidat déclaré à l’élection présidentielle prévue le 31 octobre prochain. Il en a fait l’annonce dans un hôtel d’Abidjan-Plateau, alors que le débat sur le troisième mandat de son ancien patron, Alassane Ouattara, refait surface. 

« Au regard de l’expérience que j’ai acquise au service de mon pays, après avoir longuement écouté et après avoir murement réfléchi, j’ai décidé de me porter candidat à la prochaine élection présidentielle », a-t-il déclaré.

Dans sa déclaration de candidature, l’ancien directeur de cabinet du président de la République propose une rupture. « La Côte d’Ivoire ne peut plus se permettre d’investir dans des solutions sans portée humaine. Notre pays a besoin de quitter définitivement les sentiers improbables de la discorde et de la division », a soutenu celui qui a démissionné du parti présidentiel en mars dernier.

A l’évidence, cette candidature de Marcel Amon-Tanoh sonne comme une interpellation à l’endroit d’Alassane Ouattara, rappelant au chef de l’Etat la necessité de passer le témoin à une nouvelle génération comme il l’a lui-même proclamé le 05 mars dernier à Yamoussoukro où, devant le Congrès ivoirien et à la face du monde entier, il a annoncé sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat à la fin de son deuxième successif à la tête de la Côte d’Ivoire. Par cette candidature Amon Tanoh lance également un vrai défi à Alassane Ouattara très tenté par un troisième mandat, depuis le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet dernier. M. Tanoh a, en effet, travaillé sous les ordres de l’ancien directeur général adjoint du FMI en tant que directeur de cabinet durant plus de 20 ans. Avant d’en être son ministre des Affaires étrangères.

Le défi réside également dans le fait que le candidat Amon Tanoh est engagé dans une dynamique de déconstruction de la gouvernance d’Alassane Ouattara. « Nous avons mené à bien de grands ouvrages, concède Marcel Amon-Tanoh. Mais nous avons abandonné notre humanisme. Nous avons bâti des ponts, mais nous avons oublié de construire des passerelles entre les hommes. Nous avons restauré notre image, mais nous avons renoncé à notre cœur. Cette vision a atteint ses limites et le pays s’est profondément fissuré », relève le candidat déclaré.  Dans sa déclaration de candidature, l’ancien homme de main d’Alassane Ouattara propose un retour à « nos valeurs originelles : le dialogue et la paix pour le bien-être de tous ».  Cette candidature annoncée hier devra bien résonner dans l’esprit d’Alassane Ouattara.

Téni Bè Ousmane

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